Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. ImprimerEnvoyer

L'épisiotomie

L'épisiotomie est un acte médical souvent redouté, alors qu'il s'agit d'une méthode qui, correctement utilisée, possède de nombreuses vertus. Il ne s'agit pas ici de faire un cours théorique ou d'en vanter l'utilisation: nous pensons en effet que cet acte ne devrait être fait que lorsqu'il est strictement nécessaire (or plusieurs maternités le font systématiquement). Il s'agit simplement de vous expliquer en quoi elle consiste, afin de la dédramatiser si cela vous arrive.

 

Qu'est-ce que l'épisiotomie?

 

L'épisiotomie consiste en une incision du périnée, qui peut être médiane (cf schéma pointillés rouges à la verticale) ou, le plus souvent en France, médio-latérale (cf schéma, pointillés rouges en diagonale). Le périnée étant une zone souvent mal connue des femmes enceintes elles-même, l'épisiotomie apparaît d'autant plus énigmatique qu'elles ont du mal à situer son emplacement. Un croquis aide généralement à se figurer plus clairement la situation, donc à en avoir moins peur car les évènements sont dès lors plus concrets.

 Episiotomie

 

 

 

 

  Ainsi qu'on le voit sur cette représentation, l'épisiotomie se pratique généralement au moment où la tête du bébé appuie bien sur le périnée. Non seulement la tension est idéale, mais de plus, par cette configuration, il se crée au moment de la poussée une forme d'anesthésie locale, qui est un vrai plus pour effectuer l'incision dans les meilleures conditions.

 

 

 

 

 

 En cas d'épisiotomie médiane, les tissus coupés sont, dans l'ordre, la peau, le vagin sur quelques centimètres, ainsi que le périnée au niveau de son noyau central.

 En cas d'épisiotomie médio-latérale, les tissus coupés sont la peau, le vagin sur quelques centimètres, et cette fois-ci une partie du muscle releveur de l'anus.

 

Après avoir procédé à l'épisiotomie, le praticien pose le plus souvent 3 à 4 points de suture. Il utilise fréquemment des points résorbables : dans ce cas, ils disparaîtront d'eux-même en une à trois semaines en moyenne (il est d'ailleurs fréquent et normal de trouver des petits morceaux de fils qui tombent). S'il choisit des points non résorbables, il les ôtera cinq ou six jours après.

 

 

L'épisiotomie est-elle douloureuse?

 

Tout est fait pour que l'épisiotomie ne soit pas douloureuse, aussi bien lors de la coupure qu'au moment de recoudre. En effet, l'incision se fait en principe lors d'une poussée, qui fait affluer le sang et crée une anesthésie naturelle. De plus, si la mère est sous péridurale, cette zone est déjà insensible. Enfin, en l'absence même de péridurale ou si elle n'agit plus correctement en fin d'accouchement, le personnel médical procède à une anesthésie locale qui permet de recoudre les tissus sans aucune douleur pour la mère.

Rappelez vous de plus que vous serez en train de vivre un moment très intense en émotions: vous donnez naissance à votre enfant et, dans ce cadre, soyez certaine que vous ne vous rendrez plus compte de tout ce qui se passe autour. Généralement, la mère est tellement focalisée sur son bébé, qui arrive de plus très peu de temps après, qu'elle en oublie tout le reste. Souvent, les jeunes mères ne se sont absolument pas rendu compte que l'épisiotomie a été pratiquée, tant les équipes médicales essaient de faire les choses en douceur et discrètement!

Ce n'est donc pas le geste en soi qui est douloureux, mais plutôt les suites opératoires, qui restent toutefois, quand le médecin ou la sage-femme a été efficace, très supportables.

 

 

Quelles sont les suites de l'épisiotomie?

 

Conseils généraux

 

Les premières consignes à suivre afin de favoriser une bonne cicatrisation sont les mêmes que celles données généralement pour la période des lochies. Ainsi, l'hygiène se doit d'être irréprochable:

- Lors de chaque passage au toilettes, essuyez vous systématiquement d'avant en arrière.

- De plus, changez immédiatement vos serviettes périodiques spéciales maternité.

- Nettoyez alors la zone à l'eau tiède additionnée d'un savon antiseptique (type Saforelle).

- Séchez soigneusement la cicatrice, en tamponnant doucement à l'aide, soit d'une compresse, soit d'une serviette en coton propre ne peluchant pas. Attention, sauf indication contraire de votre médecin, n'utilisez pas de sèche-cheveux: non seulement il est trop asséchant et souvent trop chaud, mais de plus, il a tendance à propulser de nombreuses poussières.

En parallèle de cette hygiène systématique, il peut être très intéressant de laisser la cicatrice à l'air libre environ une heure par jour. Pour ce faire, allongez vous sur une serviette de toilette recouverte par une serviette spéciale maternité et pliez vos jambes, les pieds posés sur le lit et écartés de la largeur du bassin.

Enfin, l'homéopathie et les huiles essentielles peuvent aider à une bonne cicatrisation. Pensez notamment à prendre Staphysagria 9CH et/ou Apis 9CH, dans les doses recommandées par votre pharmacien ou votre professionnel de médecine.

 

 

Gestion spécifique de la douleur

 

Après les premières 24h durant lesquelles la zone est souvent peu sensible, la mère ressent souvent des douleurs, comme pour toute cicatrisation. La zone est tendue, ce qui la rend douloureuse. Fort heureusement, la douleur est dans une grande majorité des cas tout à fait supportable, d'autant que des anti-douleurs type Doliprane sont systématiquement proposés. N'hésitez pas à les utiliser, ils vous aideront beaucoup et sont compatibles avec l'allaitement.

Quels sont les autres remèdes recommandés?

- la bouée: elle peut être un réel soulagement, permettant à la mère de s'asseoir, sans contact entre la zone cicatricielle et le support, à condition de choisir une bouée circulaire de petite taille. Cependant, elle ne doit être utilisée que ponctuellement, afin de limiter les effets de la pesanteur sur les tissus.

- l'eau chaude: en faisant couler de l'eau chaude sur la zone en cours de cicatrisation, on obtient un réel soulagement. Par la suite, un bain de siège chaud ou tiède, additionné éventuellement d'huiles essentielles, aura le même effet bienfaisant.

- l'eau froide ou les glaçons: un vaporisateur d'eau placée au réfrigérateur, ou des glaçons dans un gant de toilette ou une serviette, sont très efficaces en cas de douleur persistante. Attention: ne placez jamais les glaçons en contact direct avec la peau, au risque de vous brûler par le froid. 

- l'homéopathie: l'arnica montana 9CH est particulièrement recommandé. Pour le dosage, demandez conseil à votre pharmacien ou à un spécialiste.

- les huiles essentielles: bien dosées, mélangées à une huile végétale et appliquées en massage ou, dans certains cas, par voie orale, elles sont une aide précieuse, à condition d'attendre que la cicatrisation soit achevée. Les plus adaptées sont les HE de lavande, de cyprès, de rose musquée ou de calendula. Demandez conseil à un spécialiste, car elles doivent être utilisées avec précautions.

- un massage avec la crème biologique Rescue (attendre la fin de la cicatrisation).

- des cataplasmes d'argile verte (attendre la fin de la cicatrisation).

Attention: en cas de douleurs persistantes et/ou extrêmement fortes, consultez!