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Les peurs en cours de grossesse

Peurs en cours de grossesse

 




 









 

 

 

 

 

Une fois passé le cap de la conception, la future mère et le futur père peuvent éprouver plusieurs sortes de craintes. Ce n'est en aucun cas exceptionnel, bien au contraire. Dites vous bien que la plupart du temps ces angoisses montrent que vous voulez être de bons parents: si tel n'était pas le cas, vous poseriez vous autant de questions? Voici un inventaire, non exhaustif, des peurs les plus répandues pendant la grossesse.

 

 

La peur liée à l'attachement est l'une des plus courantes lorsqu'une femme est enceinte. Les futurs parents se demandent s'ils seront capables ou non de créer un lien fort entre leur enfant et eux. Ce bébé en gestation les aimera-t-il? Seront-ils capables de s'en occuper? L'aimeront-ils tout simplement? A l'heure où la grossesse et l'enfant sont magnifiés, il peut sembler aberrant de se poser de telles questions, et pourtant... Non, ceci n'est en aucun cas absurde et la quasi totalité des parents s'est interrogée à cet égard. Cependant, rassurez vous, le lien parents-enfant se construit progressivement et quel que soit le cas de figure, vous vous en sortirez très bien.

Vous pouvez ainsi commencer à tisser des liens dès la grossesse. Des études ont montré que le foetus réagit non seulement lorsque la future mère lui parle à haute voix, mais aussi, et cela est moins connu, lorsqu'elle s'adresse à lui par la pensée. Si vous ne vous sentez pas à l'aise à l'idée de parler à votre ventre, pensez simplement à votre bébé et vous obtiendrez le même effet. Dans la même optique, si le futur père n'arrive pas à s'adresser verbalement au bébé car cela lui semble trop abstrait, il peut "parler" avec lui par le biais de caresses. L'haptonomie, méthode de préparation à l'accouchement, est entièrement fondée sur ce principe de communication: vous pouvez opter pour cette technique, qui implique le père de façon intense, mais même si tel n'est pas le choix, de simples caresses douces sur le ventre sont déjà un pas immense en direction du bébé.

Ensuite, dites vous bien que ce n'est pas un hasard si la grossesse dure neuf mois. Ce temps est nécessaire non seulement pour le développement du foetus, mais aussi pour l'apprentissage de la parentalité. On ne devient pas parents en un instant: c'est une construction progressive, qui s'inscrit dans la durée. Souvent les jeunes mères, en fin de grossesse, disent elles-même que c'est avec cette durée qu'elles ont pu se sentir prêtes. Ce qui est valable pour elles, qui vivent pourtant pleinement leur état, est encore plus vrai pour les pères. Les schémas sont très variables, mais il est très rare qu'ils se sentent investis de leur rôle à l'annonce de la grossesse: le plus souvent, c'est au cours de la grossesse, le jour de l'accouchement ou plusieurs mois après qu'ils deviennent pères. Peu importe le temps nécessaire, vous vous rendrez compte qu'un bébé éprouve un amour inconditionnel pour ses parents et n'attend en retour que beaucoup d'amour, quelle qu'en soit la forme.

 

Les atteintes du bébé sont une autre préoccupation primordiale chez les futurs parents. La grossesse est ultra médicalisée dans notre société et cet ensemble de mesures médicales, même s'il est rassurant par certains côtés, peut être anxiogène par d'autres. C'est une angoisse partagée par la majorité des pères et mères, qui a des causes variables et qui peut prendre des formes différentes.

Les échographies peuvent ainsi être très stressantes pour certains parents. Il y a toujours une certaine excitation à l'idée de découvrir plus concrètement son futur bébé, mais celle-ci est couplée à plus ou moins d'angoisse. Pour la première échographie, les parents se demandent tout simplement si le bébé est bien là, si son coeur bat, et ce d'autant plus s'ils ont été confrontés par le passé à une ou plusieurs fausses couches. Par la suite, cette angoisse disparaît , la mère étant rassurée de manière quotidienne par le coups et mouvements du bébé, et elle est relayée par des questions sur les malformations possibles de l'enfant qui pourraient apparaître lors de l'examen. Ces angoisses sont fort heureusement infondées dans la quasi totalité des cas, mais il est bon de savoir qu'elles sont partagées par d'autres que soi. Pour vous rassurer, sachez que les atteintes sont rarissimes, car le corps met naturellement un terme aux grossesses lorsque le bébé n'est pas viable: si votre grossesse se poursuit, c'est qu'a priori le bébé va bien (nous ne traitons ici que des grossesses classiques). De plus, sachez qu'il est primordial d'avoir un médecin de toute confiance: n'hésitez pas à en changer si vous voyez qu'il ne vous convient pas. Un bon échographiste doit être à votre écoute, vous expliquer ce qu'il a vu, ne vous révéler le sexe du bébé qu'après vous avoir demandé si vous souhaitez le savoir et surtout, prendre son temps et avoir toute votre confiance. Attention: il est tout à fait normal que pendant la première partie de l'échographie, il ne parle pas, émette des paroles qui peuvent vous paraître inquiétantes sans vous les expliquer et ait un visage fermé. L'analyse des images demande  en effet une grande concentration incompatible avec des explications qui, elles, ne viendront que dans un second temps, après l'examen. 

Les résultats d'analyse sont également une source de peurs. Si elle n'est pas immunisée contre la toxoplasmose, la femme enceinte a chaque mois une prise de sang et elle doit attendre à chaque fois quelques jours pour avoir les résultats et être rassurée. De plus, après la mesure de la clarté nucale, un examen peut être nécessaire pour savoir si l'enfant est ou non porteur d'une trisomie 21: les temps d'attente sont importants. Le test O'Sullivan, visant à dépister un éventuel diabète gestationnel, ainsi que l'HGPO qui peut suivre en fonction des résultats, demandent également plusieurs jours d'attente pour avoir la conclusion. Les amniocentèses sont plus stressantes encore, du fait des risques, certes mineurs, qu'elles entraînent en elles-même, mais aussi parce que certains résultats demandent un délai de 3 à 4 semaines. En toute hypothèse, sachez que toutes les pathologies recherchées restent extrêmement rares. Essayez autant que possible de vous déstresser pendant cette durée, sortez et, si vous le souhaitez, ne partagez vos informations qu'avec des personnes de confiance capables de ne pas vous inquiéter davantage.

 

La peur d'accoucher est enfin sans doute la peur la plus fréquente chez les femmes enceintes comme chez les futurs pères. Le meilleur remède contre cette angoisse est de se renseigner, qu'il s'agisse de votre premier enfant ou non. Il est tout à fait normal d'avoir peur d'un évènement que l'on ne connaît pas vraiment par soi même et dont on a seulement eu des échos par son entourage et de vagues connaissances par les cours suivis lors de sa scolarité. Point important: vos sources de renseignement doivent être fiables. Attention aux forums et blogs, dans lesquels on trouve le meilleur comme le pire. Posez vos questions à votre médecin généraliste, à votre gynécologue, à votre sage-femme ou à la personne qui s'occupe de votre préparation à l'accouchement. Même si vos interrogations vous semblent "idiotes", ces professionnels sont là pour ça et ce n'est qu'en obtenant des réponses que vous serez tous deux pleinement rassurés. S'agissant des lectures, fiez vous aux ouvrages classiques que l'on trouve facilement dans le commerce ou allez sur des sites en lisant non pas les forums mais les articles de fond. Pour ce qui est des témoignages, soyez prudents: chaque accouchement est unique et est vécu différemment par la personne qui en fait le récit. Ecoutez les si cela peut vous rassurer, mais dites clairement que vous ne souhaitez rien entendre si telle est votre volonté.

Surtout, à cet égard, mettez à profit la formidable possibilité mise à votre disposition: la préparation à l'accouchement. Quelle que soit la méthode que vous choisirez, il y aura toujours un temps de parole qu'il faut absolument mettre à profit pour interroger le professionnel et obtenir les réponses qui vous manquent. De plus, c'est un espace parfait pour partager vos craintes avec les autres parents présents: vous vous rendrez compte que vous n'êtes pas les seuls à redouter l'accouchement, mais que cela n'empêche pas les familles de s'agrandir avec de nouveaux, preuve s'il en est que l'on passe outre cette étape. Vous apprendrez également toutes les techniques de respiration et de relaxation qui vous permettront de gérer la douleur tant redoutée. De surcroît, par ce biais, vous arriverez bien plus détendus en sachant ce que vous devez faire et à quel moment le faire. Enfin, les hommes ont de plus en plus un véritable rôle à jouer en la matière: non seulement ils sont les bienvenus dans les cours, mais ils ont une fonction primordiale qui consiste à rassurer la mère le jour J, car ils auront plus de distance. D'ailleurs, s'il y avait une seule chose à dire aux futurs pères, ce serait celle-ci: la mère qui accouche n'a besoin de rien d'autre que de votre présence si vous avez choisi d'être là. Même si vous avez l'impression d'être impuissants face à sa douleur, sachez qu'il n'en est rien et que oui, le simple fait de vous voir est une aide précieuse!

 

Ainsi, quelles que soient vos peurs, n'oubliez jamais qu'il est possible de les surmonter. Vous serez surpris, pères comme mères, de voir quelles sont les ressources dont disposent notre corps et notre esprit. Il n'est pas rare de se surpasser pendant la grossesse et l'accouchement, et d'en sortir grandis, fiers d'avoir réussi à dépasser ses limites.