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La peur d'être enceinte

La peur d'être enceinte

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors que les images de femmes enceintes rayonnantes se multiplient dans les médias, il est utile de rappeler que la grossesse n'est pas toujours appréhendée de manière positive par les femmes. Certaines ont peur de l'état de grossesse, d'autres déjà enceintes sont assaillies de doutes et de peurs. Tout cela est parfaitement compréhensible, il n'y a pas à le cacher, à en avoir honte comme on le voit trop souvent. Au contraire, en parler permet déjà de désamorcer bien des angoisses.

 

Il n'est pas rare de voir des femmes de tous âges redouter plus que tout la grossesse, autant voire plus que la venue de l'enfant. Ceci est dû à plusieurs facteurs, qui peuvent se cumuler.

 

L'histoire personnelle de la femme est en première ligne. Il est tout à fait logique d'avoir peur d'une grossesse si, depuis des années, on entend d'autres femmes, y compris sa propre mère, raconter à quel point leur grossesse et/ou leur accouchement et/ou leur corps post-grossesse les ont traumatisées! Plusieurs pistes peuvent aider à dédramatiser.

Tout d'abord, rappelez vous sans cesse que chaque femme est unique: ce n'est pas parce que votre mère ou toute autre personne de votre famille, a mal vécu sa grossesse et ses conséquences que ce sera votre cas. Vous avez votre propre personnalité et c'est souvent ce qui fait la différence dans la façon de vivre cet état. A grossesses comparables, il est courant qu'une femme garde un excellent souvenir de cette période de sa vie, alors qu'une autre l'aura mal vécu. Comme dans la vie courante, certains retiennent le positif, d'autres le négatif. A vous de focaliser sur le plus important: votre enfant et votre façon de vivre.

Ensuite, n'hésitez pas à être claire sur ce point. Que vous soyez dans l'expectative, en plein essai ou déjà enceinte, vous avez le droit d'exiger qu'on ne vous raconte rien. Des femmes ont le don de s'étendre pendant des heures sur le négatif, ne les écoutez pas. Vous risquez de les vexer, certes, mais tant pis: votre sérénité est bien plus importante et si ces personnes tiennent à vous, elles finiront par l'accepter. Eloignez vous un peu si nécessaire.

 

Le manque d'information (ou une information erronée) joue également un rôle fondamental.  On a toujours plus peur de ce que l'on ne connaît pas. Dans notre société, nombre de femmes ne connaissent pas réellement leur corps (il n'y a qu'à dénombrer les femmes qui ne savent pas ce qu'est ni où se situe le périnée avant d'être enceintes pour s'en persuader). Or, par le biais de recherches sérieuses, on se rend compte à quel point le corps est adapté à l'état de grossesse ainsi qu'à l'accouchement et même à l'allaitement. Le savoir apporte un réel soulagement. Il est bien sûr nécessaire de ne pas s'en tenir aux forums et/ou aux opinions forcément subjectives de votre entourage: les informations sont souvent approximatives, erronées ou dépassées. Utilisez des ouvrages complets et de la dernière édition, interrogez votre médecin généraliste ou votre gynécologue ou allez vers des sites internet dont le sérieux a été éprouvé (nous en avons sélectionné plusieurs pour vous).Vous aborderez ainsi plus sereinement cette étape si riche de votre vie.

 

Souvent, une femme a de plus une vision déformée de la grossesse, notamment par rapport aux maux de la femme enceinte. Contrairement à une idée très répandue, toutes les femmes ne souffrent pas de manière systématique de tous les soucis de santé liés à leur état. Les nausées sont par exemple loin d'être généralisées et, lorsqu'elles sont présentes, non seulement elles sont souvent de faible intensité, mais elles passent généralement au bout de 3 mois en moyenne. Bien sûr, il ne s'agit pas de dire que la grossesse est sans conséquence sur le corps, mais il faut savoir que tous peuvent trouver une solution assez simple. Vous pouvez d'ailleurs vous reporter à notre article relatif aux maux de la grossesse pour vous en convaincre.

 

Une autre crainte existante est celle de ne pas supporter de porter un être vivant en soi. Avant de le vivre, il peut être difficile d'imaginer ce que l'on ressent en sentant son enfant en soi, surtout à partir du moment où il commence à vous donner des coups lorsqu'il bouge. Rassurez-vous, non seulement vous ne trouverez pas cela étrange, mais de plus vous attendrez avec impatience que cet évènement se produise et se reproduise: le temps passera et vous serez alors pressée que le père puisse lui aussi partager l'intense émotion engendrée par la présence du bébé. La grossesse dure en principe neuf mois et cette durée vous permettra d'évoluer peu à peu et de quitter cette peur très rapidement: la découverte de votre enfant, notamment par le biais des échographies, rendra sa présence plus concrète, vous dialoguerez d'ailleurs avec lui à l'occasion de toutes ses manifestations (coups, mais aussi hoquet, glissements, etc...) et vous dépasserez ainsi ce ressenti négatif.

 

Une peur plus courante est celle de passer du statut de femme à celui, unique, de mère. C'est sans doute l'une des frayeurs les plus partagées par les hommes et les femmes. La femme craint que son conjoint ne puisse plus la voir comme sa compagne, bloqué par ce ventre qui grandit mois après mois: elle voudrait qu'il n'oublie pas qu'elle est certes en train de devenir mère, mais qu'elle n'en est pas moins une femme à part entière, qui souhaite avoir une vraie vie de couple. L'homme a peur que sa compagne ne le délaisse, entièrement tournée vers son enfant qui tient une si grande place dans sa vie. Des deux côtés, il y a également la crainte que leur vie sexuelle ne devienne quasi voire totalement inexistante. Rassurez vous, tout ceci est gérable. Avec un peu de bonne volonté de la part de tous, il est possible de garder une vie amoureuse épanouie. Certes, les mois passants, la libido de la femme peut connaître des baisses, dues aux hormones mais aussi à la fatigue. De plus, le père peut avoir des craintes, notamment celle d'être trop brutal et de blesser le bébé. Dans le premier cas, un peu de patience, des caresses et des positions adaptées (notamment celle dite des cuillères) , ainsi que du lubrifiant à base d'eau si nécessaire feront des merveilles pour arranger les choses. Dans le second, soyez certains que le foetus ne risque absolument rien: sauf contre-indication médicale très rare, les rapports sexuels sont possibles tout au long de la grossesse et le bébé, bien à l'abri dans sa poche, ne peut pas être atteint lors de la pénétration.En toute hypothèse, le dialogue est primordial entre les partenaires et permettra de désamorcer toutes les situations difficiles.

 

Certaines femmes (et certains hommes également) ont peur de voir leur corps se déformer. Bien sûr, la mère va prendre du poids lors de la grossesse. Toutefois, en mangeant équilibré, sans céder aux envies qui pourraient survenir (celles-ci n'étant d'ailleurs pas systématiques), la prise de poids sera régulière et non excessive:  ne faites pas de régime pour autant, cela nuirait à la croissance de votre bébé, mais mangez deux fois mieux et non deux fois plus! Couplez ceci avec une activité physique douce mais régulière, telle que la marche, la natation ou le yoga, ainsi qu'avec une hydratation quotidienne de la peau pour limiter les vergetures et distensions. Vous verrez qu'en suivant ces conseils et en continuant à les appliquer dans les mois qui suivent l'accouchement, vous retrouverez la ligne sans même avoir à vous priver.

Qu'en est-il de la tonicité générale du corps? Il existe plusieurs moyens d'action à cet égard, qui devrait vous rassurer sur cet aspect. Bien entendu, un sport doux mais pratiqué régulièrement est fortement recommandé. Ainsi que souligné précédemment, il est également primordial d'insister sur l'hydratation de tout le corps. Un soin pour peau sèche est suffisant, mais vous trouverez des lignes adaptées à la femme enceinte, pour chaque zone sensible: pensez notamment aux crèmes spécifiques pour le ventre, ainsi que pour la poitrine. Attention: dans tous les cas, vérifiez que vos crèmes ne contiennent pas de paraben si vous n'utilisez pas de produits spéciaux. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous tourner vers les huiles biologiques, mais vous devrez bannir l'huile d'amande douce. En toute hypothèse, appliquez les au moins une fois par jour, par des petits massages qui non seulement permettront de bien faire pénétrer les actifs, mais de plus relanceront une circulation souvent paresseuse.

Qu'en est-il de la poitrine de la femme enceinte? Quelle que soit votre taille d'origine, vous allez certainement prendre plusieurs bonnets et cela peut vous effrayer quant aux conséquences futures. Un bon maintien est essentiel: achetez régulièrement une lingerie à votre taille, bien englobante (les vendeuses sauront vous conseiller). Si vous prenez beaucoup de poitrine, n'hésitez pas à porter un soutien gorge, sans baleine, pendant la nuit. Hydratez bien cette partie du corps où la peau est très fine. Enfin, afin de tordre le cou à une idée très répandue, sachez que l'allaitement n'entraîne pas en soi une déformation des seins: au contraire, si vous allaitez et que vous sevrez ensuite progressivement, votre poitrine va retrouver sa taille initiale de manière très lente et ainsi la peau ne sera pas soumise aux variations brutales qui la distendent. En continuant à appliquer des soins non toxiques après l'accouchement, en musclant les pectoraux qui soutiennent les seins, vous retrouverez une belle poitrine, sans distension ni vergetures.

 

Enfin, la peur d'accoucher peut induire une peur de la grossesse, par anticipation. Ce n'est pas tant d'être enceinte qui crée des frayeurs que la fin de cet état au moment de l'accouchement. Encore une fois, commencez par occulter tout ce que vous pouvez entendre de la part de votre entourage et plus encore ce que vous pouvez trouver sur internet lorsque vos sources ne sont pas fiables (attention aux forums, redoutables à cet égard). Ensuite, renseignez vous sur tous les détails qui vous effraient: c'est par une bonne connaissance que l'on tord le cou à bien des fausses croyances. Lisez des articles sur la gestion de la douleur, sur la péridurale, l'épisiotomie, la césarienne et tous les sujets sensibles, sans vous focaliser sur les rares cas où les choses se passent mal. Posez des questions à votre médecin ou à votre gynécologue, parlez à des mères qui ont bien vécu leur accouchement, bref faites en sorte d'être bien renseignée sur tout ce qui vous pose un problème. Le corps est une machine extrêmement bien préparée pour cette étape de la vie et vous serez surprise de voir à quel point avec une bonne préparation, c'est un phénomène qui vous paraîtra tout à fait naturel.

 

Dans tous les cas, prenez votre temps. Avoir un enfant est un évènement marquant, qui demande de la réflexion. C'est une décision de couple qui se prépare à deux et qui s'inscrit dans la durée. Alors pas de précipitation: ne laissez pas votre entourage vous brusquer, réfléchissez bien et lorsque vous vous sentirez prêts, lancez-vous pour cette magnifique expérience!