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Margaux Motin

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Margaux Motin
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Margaux Motin portrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, Le Monde des parents clôt son chapitre de découvertes internet avec une illustratrice talentueuse, Margaux Motin, maman d'une petite fille de 3 ans. Par ses dessins au trait élégant et aérien et ses anecdotes à l'humour dévastateur, elle s'est fait connaître aussi bien dans le monde de la presse et de l'édition, dans celui de la publicité, que sur internet. Elle officie dans son blog depuis mars 2008 pour le plus grand bonheur des internautes, qui vont avoir la joie de retrouver très bientôt son style si caractéristique dans un livre des plus prometteurs.

 

Mini CV
Margaux Motin, mariée, mère de Lou, 3 ans
Bac L option arts plastiques, ENSAAMA Olivier de Serres, spécialisation communication visuelle
Illustratrice presse, avec des débuts dans Muteen (rubrique J'ai testé) de 2002 à 2008, mais aussi pour Cosmopolitan, Maison française, Bien dans ma vie...
Illustratrice pour l'édition (L'Etudiante, les éditions First...)
Illustratrice pour la publicité (campagnes pour G20...)
Bloggeuse depuis mars 2008: http://margauxmotin.typepad.fr/margaux_motin/

 

 

LMDP: Bonjour Margaux, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions, malgré un emploi du temps plus que chargé. Tout d'abord, vous avez été connue pour vos talents d'illustratrice: quel est votre rapport au dessin?


Margaux Motin: Evident, vital, quasi organique, quasi orgasmique aussi! J'ai toujours dessiné, pas toujours bien mais depuis que je suis en âge de tenir un crayon. Le cahier et les crayons, ma mère avait toujours ça en réserve dans son sac pour pouvoir nous occuper ma sœur et moi. Toutes les images que j'avais dans la tête finissaient sur le papier. J'ai toujours dit que j'en ferais mon métier. Ca n'est même pas de la détermination, simplement de l'évidence. J'aime ça. Vraiment. Dessiner, ça me rend heureuse. Et puis j'en apprends beaucoup sur moi, j'évolue avec mon trait de crayon, j'y vois mes failles, mes acquis, mes doutes. A 20 ans mon dessin était beaucoup plus caricatural, tendu, avec des angles partout, du pointu, de l'acéré. Et j'étais comme ça aussi, dure, piquante, excessive. A 30 ans mon dessin est plus souple, plus rond, mieux proportionné, plus facile. Et moi, à 30 ans, je suis enfin en paix avec moi-même. Viscéral. C'est le mot que je cherchais en fait. Mon rapport au dessin est viscéral. Chaque illustration est un bout de moi que je mets au monde. Pour le lecteur, c'est une image parfois jolie, parfois drôle, un clin d'œil de quelques secondes, pour moi c'est un micro accouchement à chaque fois.

 

 

Quelle a été ensuite la génèse de votre blog?


J'y suis venue un peu par hasard. Je ne suis pas une adepte d'Internet, j'ai besoin de chair pour échanger. Mais il me fallait une vitrine, un espace créatif, un endroit où je pouvais balancer mon travail et avoir un retour. Le blog aura 1 an en mars. Et je viens de vivre, contre toute attente, une des années les plus riches de ma vie! Il est né sous la forme d'un genre de book professionnel en ligne, je l'ai démarré sans la moindre idée préconçue, puis il s'est enrichi de ce flux, de cet échange avec l'Internaute et petit à petit il a grandi pour devenir ce qu'il est réellement aujourd'hui, cette place mouvante et mobile, sans frontières ni codes, où je peux, sous couvert de raconter ma vie, travailler mes images, réfléchir à la construction d'une histoire, tester les mises en couleur, le traité graphique, et avoir toujours un retour franc et honnête des lecteurs. Le maxi bonus, c'est les bonnes ondes. Manifestement mes dessins font sourire. Et purée ce que c'est important pour moi de savoir que je peux avoir cette forme d'utilité, aussi fugace et éphémère soit elle. Je donne, je reçois, ce partage d'énergie dans le sourire et l'amour, c'est quand même un truc de fou.

 


Comment travaillez-vous dessus?

 

J'y travaille trop! C'est réellement MON espace créatif, je le bichonne, j'en ai besoin, c'est là que je suis le plus libre. Un post peut me prendre une heure, deux heures, cinq heures même, entre la gestation de l'idée et le point final. C'est un énorme investissement de temps mais je ne compte pas, c'est mon laboratoire, ma pièce secrète de savant fou où je fais ce que je veux, sauf qu'il y a en fait des fenêtres partout. Avant le blog, je passais le même temps à dessiner pour moi mais je ne faisais rien de toute cette matière, ce sont aujourd'hui des cartons de croquis, d'images, de bouts d'idées, qui n'ont jamais croisé le regard d'autrui. Avec le blog, tout ce que je produis est soumis au jugement de ce vaste jury qu'est l'Internaute. De toute façon je suis toujours "en travail", hier je jouais avec Poupette, on construisait une ferme avec ses Légos (nan mais steuplé, juste le truc le plus relou de l'univers quoi!) et il y a eu un échange, juste deux phrases, je me suis levée, je lui ai dit "vas-y, fabrique un toit là pour ta ferme, je reviens, je dois noter un truc", et j'ai foncé sur l'ordi noter l'idée que m'avait inspiré cet échange. Ca arrive quinze fois par jour. C'est déjà du travail. Officiellement je m'étais dit que je consacrais tous mes vendredis après-midi aux posts de la semaine suivante, mais en ce moment j'ai trop de mal à m'y tenir entre le bouquin à finir et le déménagement. Mais je suis impatiente de ce retour au calme que me promet le mois de mars, j'ai des pages d'idées que je suis pressée de mettre en images. J'ai envie d'explorer à nouveau.

 


Quelle est la part du réel?


L'intégralité. C'est juste un peu romancé, exagéré, scénarisé, mais rien n'est inventé.

 


Que vous a-t-il apporté?


Trois amis. Etrangement, c'est le plus important à mes yeux. Trois amitiés terribles sont nées de ce blog. Je n'aurais jamais cru ça possible. L'amour. Je me retrouve à aimer des gens dont je n'aurais sans doute jamais croisé la route sans ce fichu blog! Quel kiffe! Et puis les relations humaines. Je ne cesse de m'étonner. C'est irrationnel pour une charnelle comme moi. Tous ces gens avec qui j'échange, dont je connais de petites minuscules bribes de vie, mais qui prennent le temps de venir, de lâcher des coms, de me parler, de me soutenir quand j'en ai besoin, je sais pas, je ne m'attendais pas du tout à ça. Je suis une fille sentimentale, j'ai besoin de vibrer avec l'être humain, de ressentir, d'éprouver, le blog m'a apporté ça, cette fenêtre un peu aveugle sur un monde dont je n'ai pas les clefs mais qui laisse quand même filtrer l'émotion. Irrationnel.
Puis bien sur l'évolution, le progrès: à tant produire, mon trait a mûri, j'ai acquis l'aisance, la fluidité, je suis plus rapide et efficace. L'échange avec d'autres illustrateurs m'a permis de confronter l'expérience, le ressenti, l'appréhension des choses. Avec Pacco, un de ces trois pires potes que le blog m'a apporté, on échange énormément sur nos techniques de travail, on confronte nos univers, on créé des clashes, on expérimente, et tout ça me fait progresser à une allure dingue, je débloque des verrous, j'ouvre des portes, je découvre des passages... putain d'initiation!
Après évidemment, le boulot: tout ça draine un passage de professionnels qui se laissent parfois accrocher. J'ai beaucoup plus de demandes depuis que j'ai le blog.
Il semblerait que je sois un peu genre super gagnante sur toute la ligne en fait!



Vous êtes la mère d'une petite Lou de 3 ans, qui apparaît régulièrement dans le blog. Pouvez-vous nous la décrire?


12h52 :"Maman, tu peux jouer à la dinette?

-Non.

12h53 :Maman, tu peux jouer à la dinette?

-Non.

12h54 :"Maman, tu peux jouer à la dinette?

-Non.

12h55: "Maman, tu peux jouer à la dinette?

-Non."

12h56: dépitée, elle enfile une de ses petites culotte sur la tête du chat: "Regarde maman, il est marrant hein?"

12h57: "Maman, tu peux jouer à la dinette?"


Têtue comme une bourrique et folle. Voila Poupette. Le petit être le plus extraordinaire et merveilleux et sensible et drôle et intelligent et casse couille du monde entier, de l'univers tiens même.


Quelle type de mère pensez-vous être pour elle? Et comment vous répartissez-vous les rôles avec son père?


Je ne me pose pas la question du genre de mère que je suis pour elle. Je suis juste moi, avec honnêteté et franchise, avec mes limites, avec parfois mon incapacité a faire face, avec mes délires, avec mon âge mental un chouilla limité. On avance main dans la main, pas à pas, je grandis avec elle. Je suis droite dans mes godasses en tant que maman, j'ai des principes, je ne m'en écarte pas. L'éducation, la politesse, le respect, l'humain, tous mes fondamentaux sont mes piliers, je m'appuie dessus, je suis forte avec ces convictions, je crois dur comme fer aux limites, à un espace structuré, aux règles. Une fois ce cadre posé (et il l'est depuis les tout premiers jours de Lou), le reste n'est que délire et dingueries. Je peux être faillible, friable même, je peux manquer de m'écrouler, merder sur certaines choses, oublier la patience, m'écarter du convenable, accueillir les délires: tant que les fondamentaux sont là, on peut partir en sucette, ouvrir toutes les portes, j'ai confiance.
Mais je crois aussi que je peux être cette mère là parce que mon chéri est aujourd'hui le genre de père qu'il est. Il a mis du temps, le chemin vers la paternité ne s'est pas fait sans heurts. L'amour n'a jamais été mis à mal mais techniquement, l'investissement à été foutrement long à voir le jour! Aujourd'hui c'est un papa du XXIème siècle, qui a rompu avec ses schémas traditionnels. C'est du 50/50 à la maison. Jamais calculé, pas établi, informel, on n'a pas de planning collé au frigo, mais le partage se fait dans la fluidité et l'évidence, en douceur, dans le respect de ce que chacun est capable de fournir d'énergie, de patience et d'amour à un moment donné.

 

 

Ce qui est vraiment agréable avec ce blog, c'est qu'il montre qu'on peut être à la fois mère et femme. C'est une vraie bouffée d'air frais, parce qu'on voit bien que, même si on a parfois l'impression de passer son temps à jongler pour tout concilier, il est possible de rester une Fille avec un grand F. Comment est-ce que vous parvenez à gérer les deux?

En n'essayant pas d'y arriver justement. A ce stade de l'interview vous avez dû voir que je n'anticipe pas les choses, je suis du genre à laisser venir, à prendre en frontal s'il le faut, mais je ne planifie pas, je ne tente pas d'optimiser, d'organiser, je suis bordélique. Et c'est sans doute pour ça que j'y arrive. Quand je peux je le fais, quand je ne peux pas, ben tant pis, ça sera pour un autre jour. Je ne suis pas dans la performance. Je l'ai été à une époque, mais plus aujourd'hui. J'ai 30 ans, j'ai fait la paix avec mes défauts. Je veux juste être heureuse. Je n'essaie pas d'être une mère parfaite, une épouse parfaite, une amie parfaite, une femme parfaite. J'essaie juste d'être au plus près de l'état de paix. Pas de calme hein, ça c'est impossible, je suis bien trop bouillonnante et agitée pour ça. Juste de paix, d'harmonie. Accepter les limites, mais ne pas s'en satisfaire, les repousser en sachant qu'on a le droit de ne pas y arriver.

 

 

Des conseils pour la St Valentin qui approche?

Aucun. Je suis nulle en gestion amoureuse. D'ailleurs, je pense que je vais oublier la Saint Valentin, comme chaque année, et gueuler que Chou-a-oublié-c'est-vraiment-inadmissible-d'oublier-un-truc-pareil-il-m'aime-plus-c'est-ça-il-veut-divorcer hein? HEIN?

 

Parlons enfin de vos projets. Vous avez récemment dévoilé qu'un livre de 160 pages est en préparation, chez la même éditrice que Pacco. Cela fait maintenant trois mois que vous travaillez dessus et il devrait sortir en mai 2009. Que pouvez-vous nous dévoiler? Un petit scoop?


Pfff nan, j'ai même pas encore trouvé le titre!!! Ah si! Je peux vous dire qu'un invité surprise a participé à la dernière planche du bouquin!!!

 

 

Margaux, merci! Nous attendons avec impatience sa sortie et nous serons aux premiers rangs lors des futures séances de dédicaces!

Edit de la rédaction: Grande nouvelle! La date de parution de l'album est fixée au 13 mai 2009!